BEL OISEAU
(Le pigeon de Nicobar)
(1er PRIX du Dr Lucas - Sté Académique de Nantes et Loire-Atlantique 2016)



 

 




Parlez-moi bel oiseau de vos îles lointaines
Qui vous donne l’habit d’arc-en-ciel irisé
Et le pas martelé des femmes chics, hautaines
Sur les podiums de stars que l’on voit pavoiser. 

Sont-elles entre des eaux turquoises et limpides
Paradis, séquestré par quelque âpre gardien,
Que l’on craint d’abîmer par nuisances stupides…
Nicobar dites-vous… dans l’Océan Indien ?

Gardez-vous la forêt, la mangrove secrètes
Où vos roucoulements s’entendent à couvert
Dans le sombre du nid, vos couvaisons discrètes
Fuyant cage et méfaits, votre éclat le revers ?

Le Simorgh aurait-il pour sublimer son mythe
Saisi votre camail et chatoiement cuivré
Qu’avivent vos amours et que l’envie imite ?
Le beau frôle les cœurs pour mieux les enivrer. 

Quand votre aile au soleil éclabousse le rêve
Évoquant les pigeons, comment ne pas brosser
Le portrait lumineux qui sur la liste grève
La besogne du monde au genre menacé.

                                                            dgl

L’ÉCHAPPÉE 
(1er Prix Association Encres Vives et CAC Cholet 2015)


 

 

 



Par l’opportune faille
À couvert sous la mousse 
Poussée à la surface 
L’onde éblouie écoule 
Son babil cristallin 
Sur le bord de pierraille 
D’une flaque de ciel 
Où courent les nuages 

Sautant d’une margelle 
S’affranchit le trop-plein 
En guirlande limpide 
Sur la pente en dévers 
Entre le roc, l’argile 
Jusqu’au creux de l’ornière
 
Entaille dans le pré 
Contre les tiges grêles 
Le ru trotte et bondit 
Éclabousse la prèle 
Disparaît sous le gué 
Bouillonnant ressurgit 
S’échappe de sa source 
En clins d’œil de soleil 
Chante vers nul retour 
Donner vie à la plaine. 

                     dgl  

ANCRAGE 
(1er Prix Arts et Lettres de France - Bordeaux 2015)


 

 




Il tapote sa cuisse au rythme saccadé
D'un vieil air de marin, rivé dans sa mémoire 
Que jeune homme il chantait, le regard évadé, 
Vers les océans fous, creux et crêtes de moire.
 
La terre l'a planté dans ses sillons bourbeux,
La racine profonde égale à sa lignée,
Accoré dans son clan d'hommes guère verbeux, 
Aurochs à l'âme franche et l'humeur résignée.
 
Il a tramé son sort à son amour vital,
Aux rives du devoir amarré ses chimères, 
De ses gènes produit son plus beau récital, 
Écopé les reflux des écumes amères. 

Il se voit, les yeux clos, chevauchant le beaupré, 
Intrépide gabier sans contrainte ni charge 
Sillonner l'océan vers l'horizon pourpré, 
Cueillant aux aléas les ivresses du large. 

Quand son petit enfant se serre sur son cœur 
Bien plus fort que son rêve, il goute la caresse 
D'un passé sans regret qu'il parcourt en vainqueur 
Bercé par le roulis d'une mer de tendresse. 
                                                                                                                                                                                              dgl

 

 

ÉCLATANTE LANDE

Sonnet

(1er prix - Théatre et poésie en Brière - 2014)

 

 

Éclatante est la lande en jupon de bruyère

Dentelle d'améthyste à la ganse d'orpin

Des ajoncs débordant, ressauts de galopin

Vers l'à-pic escarpé, sous la sente côtière.

 

Serti dans le granit, d'un trou de boutonnière,

Se penche sur le vide un rachitique pin ;

Cocasse frange éparsse au front d'un roc poupin

Le menton souligné de brins en lavalière.

 

Sur la toile le peintre a saisi le meilleur ;

Friselis d'enthousiasme à l'âme du pilleur.

Une ombre au paysage agace sa sagesse ;

 

D'un treillis d'aquarelle il ajoute en remords :

De noirs bouquets vomis par l'écume en détresse,

Un azuré flottant près d'un cormoran... mort.

 

DGL        

 

 

L'ÎLE DE MES JOIES

 

(2ème prix - Encres vives - Cholet - 2014)

 

L'île de mes joies

Blottie dans mon intime

Est faite de petits riens :

 

De squames de terre vivante

   Baignée de jour

      Éclairée de lune

         Semée de vert et d'eau

            De touches de couleurs

 

De friselis d'impressions

D'un mirage dans la brume

Des couchants jamais pareils

De rêves

            Á ne pas vouloir dormir

 

De pas de ventouse

   Jouant dans la vase 

D'une caresse salutaire

   Quand le corps souffre

      Quand la vie gifle

         Quand le cœur toque

 

D'apesanteur après l'effort

   Éffort récompensé

      Récompensé d'un baiser

         Baiser de vent

            Vent de rien

 

      L'île de mes joies

Strates de bribes de vie

      Phare

   Résiste aux coups de boutoirs

Qui assaillent, sapent, démolissent.

 

DGL             

 

 

QUE NE SUIS-JE NÉ CHIEN !

 

1er prix de l'humour

Amitié et Solidarité - PAU - 1991

 

Que ne suis-je né chien ! Fidèle compagnon,

Attendrissant, gentil, un petit chien mignon

Suscitant les émois d'une douce maîtresse

Toujours prête  à donner la flatteuse caresse.

Mon passage en ce monde eût été bien plus court

Mais sans excès d'efforts ni besogne et discourt !

Être un observateur insensible aux mensonges,

Ne s'étonner de rien, s'abandonner aux songes ;

Assister sans comprendre aux complots et secrets,

Ignorer les espoirs ainsi que les regrets ;

N'avoir pour seul souci que sa frugale assiette

Et son panier douillet, le berceau de sa sieste,

N'offrir que sa présence et sa docilité

Contre un peu de tendresse et de tranquillité.

Voilà mon simple vœu ! Mon cher désir n'est autre

Face à l'ambition dans laquelle se vautre

L'homme avide attiré par la gloire et l'argent

Dont je suis à la fois le captif et régent.

Japper à plein gosier envers qui me déplait,

Humidifier d'un jet les pieds d'un pipelet

Sont là des libertés que peut envier un homme !

Dans une peau de chien ! pas de bête de somme !

Je ne souffrirai pas d'une soufflette au train

Accusant mes forfaits commis avec entrain.

Mais je suis un humain de chair et de fantasmes

Mon âme a des états surgissant tels des spasmes.

Une femme paraît...du regard je la suis...

Ah... j'ai tant de bonheur d'être ce que je suis !

 

DGL      

 

           PALMARÉS

Sté Littéraire et Artistique de La Baule

1991
-Tendre Amour (Lettre d'amour) - 2ème Prix

Grand Prix Amitié Solidarité de PAU

1991
- Que ne suis-je né chien (Humour) - 1er Prix

Sté Académique de Nantes et Loire-Atlantique :

 1991
- L'attente (Sonnet) - 6ème Prix
5ème Prix pour un ensemble de poèmes :
- Somnolence (Ballade)
- Vent d'été (Rondel)
- Automne (Sonnet)
2015
2ème Prix pour un ensemble de poèmes :
- Sur la grève (classique)
- Au creux de la nature (sonnet)
- Invisible amoureux (classique)
- Déraison (classique)
2016
1er Prix pour un ensemble de poèmes :
- Bel oiseau (classique)
- L'océan (sonnet)
- Marcheur solitaire (classique)
- Plonge dans ta soif ta plume exigence (classique)

Ass Théâtre & Poésie de Brière de St-Johachim (44)
2013
- Au tréfonds de mon être (sonnet) - 3ème Prix
2014
- Éclatante lande (sonnet) - 1er Prix

L'Essor Poétique de La Roche-Sur-Yon :
2014
- J'aime musarder (poésie libérée) - 3ème Prix

Sté Arts et Lettres de France de Bordeaux :
2014
- Gwenn ha du (sonnet) - 1er accessit
- Sous la dentelle (triolet) - 1er accessit
2015
- Ancrage (classique) - 1er Prix
- Des Guettes aux Palus (classique) - 1ère mention
2016
- Des glands (humour) - 1er accessit
- Tango (classique) - 1er accessit
- Sur la falaise (ballade) - 1er accessit

Concours Heure du Poème de Troyes :​
2016
- Pêcheur de métaphores (calligramme) - 2e mention
- Liberté du vent (classique) - 1ère mention

Association Encres Vives et CAC de Cholet :
2014
- L'île de mes joies (poésie libre) - 2ème Prix
2015
- L'échappée (poésie libre) - 1er Prix
2019
Le théâtre d' Honoré ( NOUVELLE) - 2ème Prix

2020

Max, le fils adoré (Nouvelle) - 2ème prix

Conseils à un jeune poète
​​
PLONGE DANS TA SOIF TA PLUME EXIGEANTE

Danse sans filet jeune âme poète
Musique accrochée au train de tes vers
Livre sur la piste en état de fête
Tes émois féconds, tes yeux d'univers.

Cueille la rosée au bord du pétale
Le rouge matin sur elle penché
Bois sur tes doigts gourds sa rime vitale
Que le rai filtrant tente d'assécher.

Glisse dans l'éther sur les brumes douces
Sous tes pieds le monde aux décors divins
Regarde la vie, arbres, rocs et mousses
Les ruisseaux pressés, le creux des ravins.

Écoute les cœurs en résilience
Les chants des enfants vers les cieux leurs mains
Le charivari dans ta conscience
Les frémissements courir les chemins.

Plonge dans ta soif ta plume exigeante
De tes mots choisis livre ta raison
Controversée et... même dérangeante
Ne suis de ton pas nul diapason.

                                         dgl

 

SUR LA GRÈVE

(2ème prix du Dr Lucas - Nantes - 2016)

 

Aux soupirs de la mer, les vagues sur la grève

Déposent au galop des fronts de gouttes d'air

Contre la roche noire où s'interrompt le rêve

D'un migrant manteau gris, son âme dans l'éther.

 

Il a marché longtemps dépouillé par la guerre

La rage dans ses pas vers l'avenir meilleur

En poche des photos, quelques grammes de terre,

Du sang dans sa mémoire, au ventre la frayeur.

 

Sa route vers le nord l'a mené face au large ;

Á prix déraisonnable embarqué clandestin

Aux côtés d'inconnus l'espoir pour toute charge

Ils se sont soutenus donnant chance au destin.

 

Frêle bateau bondé sur l'onde turbulente,

Seul dans l'immensité, le jour à l'horizon,

A subi sans défense une gifle cinglante

Jetant par-dessus bord la noble cargaison.

 

Le flux lèche ses pieds puis toute sa personne,

Le chahute en douceur de clapotis spumeux ;

Un vend tiède le frôle, en lui rien ne frisonne.

C'est alors qu'il est mort que le monde s'émeut.

 

DGL               

J'AIME MUSARDER

 

(3ème prix - L'ESSOR POéTIQUE - La Roche-sur-Yon - 2014)

 

J'aime musarder sur la lande

Ancrée de callunes, d'ajoncs,

Sentir la généreuse offrande

De souffles iodés sauvageons.

 

J'aime scruter la nue badine

Les hydres, les dracs éthérés,

La rutilance libertine

De l'océan décoléré.

 

J'aime écouter les asphodèles

Bourdonnantes des apidés,

La scie aiguisée des saut'relles

Concert des soleils de l'été.

 

J'aime veiller les crépuscules

Quand ils empourprent le jusant

Les mats lointains qui déambulent

Attirés par l'autre versant.

 

J'aime m'assoupir dans l'arène

Contre le dos rond d'un rocher,

Me rêver placide dolmen

Jusqu'au bout des temps enchâssé,

 

Ou fauvette réincarnée

Chaque aube à l'aiguail abreuvée.

 

DGL    

 

AU BAL

(2016 - En écoutant Richard Galliano)

 

"Ce soir au musette, âme seule viens !

Quand l'accordéon s'enflamme, il rassemble ;

Au creux de mes bras mon cœur vésuvien

Te renseigneras sur nous deux ensemble.

L'amour est musique un duo de pas

Jusqu'au bout des jours, chemin de lumière

Fait de petits riens, d'étreintes, combats,

D'un roi, de sa belle en une chaumière".

 

J'ai goûté ses mots, baume sur chagrin,

Au bal chaque soir emboîtant sa vie ;

Éclat retrouvé par le doux refrain

Mes doutes rompus, me suis asservie.

Nous avons dansé, nous sommes unis

Tangos passion, valses d'harmonie

Puis fin de l'été sous les mots vernis

Baladin menteur n'est que tyrannie.

 

                                              DGL      

LE GUITARISTE

(2016 - En écoutant un concert d'Adrian Crowley)

 

Sur les cordes de sa guitare

Pleure le temps de ses amours

Qu'il balade dans les brouillards

De sa vie aux vastes détours.

 

D'un cœur à l'autre inassouvi

Jamais un seul il n'a gardé

Courant la gloire et les envies

L'éthique pauvre émoi blindé.

 

Son instrument donne le change

Quand sur la scène il éblouit

Mais sous les fards et les louanges

Aucun doux passé ne revit.

 

Dans la solitude des nuits

Sa "Fender" pour seule compagne

Il retombe au fond de son puits

Retisser les fils de l'aragne.

 

DGL